« Il nous semble urgent de réaffirmer la valeur de l’art, non pas l’art en tant qu’œuvre figée et définitive,
mais l’art en tant qu’élaboration d’une parole et d’une relation sensibles, contemporaines et critiques, l’art agissant ;
étendre le droit à la culture à un plus grand nombre de citoyens, en les rendant plus agents de leur propre développement culturel ; passer donc de la démocratisation culturelle à une réelle démocratie culturelle ;
attacher la plus grande importance à la relation entre pratique sociale et activités artistiques… » Philippe Henry

La Compagnie Hendrick Van Der Zee, créée par Guy Alloucherie en 1997, est installée à Loos-en-Gohelle, dans le bassin minier du Pas-de-Calais. Elle est accueillie en résidence par Culture Commune-Scène nationale à la Fabrique Théâtrale, au sein d’anciens bâtiments industriels reconvertis en un lieu de fabrication pour le spectacle vivant.

Si l’installation sur le site minier du 11/19 a offert à la compagnie Hendrick Van Der Zee (connue comme HVDZ), la possibilité d’y créer et d’y répéter ses spectacles, elle a aussi été le déclencheur d’un questionnement de la relation art-population-société.

Artistes associés à Culture Commune depuis une dizaine d’années, Guy Alloucherie et HVDZ ont développé leur projet artistique et culturel depuis le territoire qui les entoure, les cités minières au carrefour de Lens et Liévin. A partir de là, de leurBase 11/19, ils ont continué toujours plus loin dans la région, en France ou à l’étranger à faire coïncider « recherches artistiques, action culturelle et engagement militant ».

Le travail sur les récits de vie, l’enfance et la mémoire ou la culture ouvrière sont autant de sujets qui nourrissent l’écriture et la parole de la compagnie. Cette recherche se développe sur un mode d’écoute et de lien, questionne le monde qui l’entoure et s’interroge sur la place de l’art dans la société.
Une autre constante dans la définition du langage de la compagnie s’appuie sur le décloisonnement des genres artistiques. En travaillant avec des artistes du monde du théâtre, du cirque, de la danse ou de la vidéo, des arts plastiques, les expérimentations qui sont menées tendent à atteindre un point d’équilibre esthétique entre geste et parole, engagement des mots et des corps.

De C’est pour toi que je fais ça ! (première incursion dans le monde du cirque) en passant par J’m’excuse, chaque nouveau spectacle s’est nourri des sédiments accumulés par les créations précédentes.  Tout en considérant le corps et le mouvement comme des moteurs de l’invention artistique, l’épicentre des créations de la compagnie s’est déplacé pour considérer la relation art-population-société comme axe principal de recherche. Les Sublimes, Les Veillées, ou Base 11/19 cristallisent ces orientations en mettant au cœur de leur propos les questions de la culture ouvrière, de l’engagement de l’artiste et de sa position au sein de la société, du rapport entretenu par chacun à l’art.

Nos créations, nos spectacles et nos recherches se revendiquent d’une nécessité, celle d’une culture commune à la fois exigeante et populaire et s’appuient sur un postulat : « pour parler du monde dans lequel on vit, il faut le penser avec le désir violent de se battre, d’avancer, de (re)construire. ».