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La Burrasca - La grue

L’exploitation d’une structure en mouvement, dans la rue, est le point de départ de notre premier spectacle et également celui du nouveau projet.

La grue, utilisée comme agrès de cirque, démultiplie le mouvement, et, par incidence, les mouvements des acrobates. Elle est soit fluide, soit saccadée et imprévisible. Elle provoque ainsi une recherche corporelle sur l’inertie, la surprise, le lâcher-prise, la propulsion. Elle force aussi le vertige de la hauteur avec une certaine finesse, car son mât est libre, sans haubans, dans une circonférence à 360 degrés.

Nous avons entamé un travail de déconstruction depuis une année sur notre technique de trapèze ballant et de contorsion. Nous tentons de sortir des règles inventées par nos prédécesseurs : la symétrie corporelle n’est pas notre réalité. L’idée que pour lancer un ballant efficace, le corps doit être tendu, les pointes de pieds serrées, le corps symétrique... est une façon de voir le monde. En cassant ce postulat, nous sommes entrées dans notre propre langage. Il nous faut cependant reconstruire une technique à partir de cette nouvelle donne. Le corps doit désapprendre, se retrouver dans une gestuelle propre et une énergie nouvelle.

En hauteur comme au sol, le corps, bougé par les différentes possibilités de la grue, se frotte à la structure, se fait tordre, soulever, trainer et entraine ainsi un travail corporel neuf.

La grue, cette marionnette géante, est dépliée, assemblée, manipulée par trois machinistes, trois femmes, qui, à leur tour, se font emporter par la force démultipliée du bras de levier et du contrepoids. Cette machine pourtant hostile exerce un jeu de séduction : grâce de l’inertie, fluidité du mouvement, ivresse de la puissance, diphonie des sons du métal...

Lui répondent les corps humain de ces trois femmes ouvrières, au service d’une machine qui finit par prendre vie. C’est une danse, d’abord utilitaire, puis de plus en plus désarticulée, guidée par l’intuition et l’adaptation permanente. Enfin accordées, la machine offre l’appui, le contrepoids et les corps la souplesse, le lâcher-prise, l’envol.

Lutte de pouvoir ou lutte d’une féminité qui veut ressurgir hors des codes?