Compagnie(s) :
Le Rapport Berthier

Au prétexte de se rendre ensemble sur le lieu d’un spectacle fictif programmé par la médiathèque dans un “Temps dédié aux Arts du Cirque “, le public est réuni dans le hall de la maison des livres. Il est accueilli par un orateur aux allures précieuses, un ” penseur ” co-auteur du fameux Rapport Berthier, commandité en 2001, ” Année des Arts de la Piste, de la Vergue et de la Sciure “. De là tout bascule: le spectacle annoncé est fatalement annulé pour d’obscurs prétextes laissant la place à un autre, qui se développe insidieusement entre les rayonnages. Un usager de la médiathèque se débat acrobatiquement avec une étagère capricieuse et ses livres frondeurs; un professeur de guitare improbable interrompt son cours dans une salle adjacente pour donner un récital impromptu et clownesque d’Isaac Albeniz; un livre sur le Cirque s’anime pour nous révéler la “Véritable et seule vraie Histoire de Léon Gourp, l’homme Canon ” ; l’équilibre fragile de la pensée de Pascal et Montaigne se retrouve sur la fameuse planche ” suspendue entre deux tours ” révélant l’emprise de l’imagination sur la raison; le montage inattendu d’un chapiteau de livres se fait sur des piles de grimoires, en direct et sans une pince; la visite d’une ” Ménage’Livre ” composée de brûlots féroces et étonnants, enfermés dans des cages, sous forme d’exposition interactive et de monstration foraine se déroule entre les ouvrages et les servantes de la Bibliothèque…

Emmené par un trio imprévisible dans tous les recoins de la structure, le public est enfin convié à l’extérieur sur l’ancien territoire des écrivains publics, pour une découverte des ” Carnets du vide ” de René Pons. Là, l’Artiste tricéphale se réunit en musique, lecture et Art funambule pour révéler la fragilité de l’écriture, faîte de doute, de vertige, de noirceur mais aussi clairsemée d’espoir et de tous les possibles.